03/03/2005

Avant Estelle, il y a eu Marion, Léo, ...

Le Parisien.com

9 janvier 2004

 

AVANT ESTELLE, il y eut Marion, Léo, Aurore, Yannis, Jérôme... et bien d´autres.

 

Tous mineurs, tous volatilisés, leurs visages - parfois vieillis - sont toujours épinglés sur les murs des commissariats de France.


33 670 mineurs ont été déclarés en fugue en 2002, et 627 portés disparus, selon les chiffres du ministère de l´Intérieur. La plupart de ceux qui quittent volontairement leur domicile sont retrouvés rapidement : près de 23 % dans les vingt-quatre heures et 30 % après quarante-huit heures. Seulement 6 % des fugues se prolongent au-delà d´un mois. « Si dans de nombreux cas les mineurs sont retrouvés rapidement et sains et saufs, certaines disparitions se soldent par la mort de mineurs. C´est pourquoi la disparition d´un mineur sera toujours considérée comme inquiétante », alerte un volumineux rapport remis mercredi à la chancellerie. Commandé au lendemain de la Journée internationale des enfants disparus, le 25 mai 2003, ce document de synthèse, consacré aux fugues, enlèvements et disparitions de mineurs, avance quelques recommandations destinées à enrayer et mieux lutter contre ces phénomènes. Reprenant l´idée émise par des associations de protection de l´enfance, conviées à la réflexion, le rapport préconise notamment la mise en place d´un numéro vert pour les enfants fugueurs et d´un numéro azur destiné, cette fois, à leurs familles. « Les fugues et les disparitions mettent au jour des besoins spécifiques aux familles et aux enfants. La famille a besoin de savoir que tout est entrepris pour retrouver l´enfant disparu, alors que l´enfant fugueur a besoin d´être aidé pour rentrer », explique le rapport. Le garde des Sceaux, Dominique Perben, s´y est dit « favorable ». « Nous voulons qu´il (ce numéro) aboutisse, qu´il réussisse. Il nous faut encore trouver les voies et les moyens », a-t-il nuancé. Les sommes en jeu sont importantes : pas moins de 500 000 € d´investissement pour le numéro azur, dont le fonctionnement nécessitera chaque année 1 M€, estime la Fondation pour l´enfance. « Ce sont les premières minutes, les premières heures qui sont capitales », insiste Bruno Bongapenka, parrain d´Estelle et président de l´association éponyme. « Avant, quand un enfant disparaissait, on demandait à la famille d´attendre. Désormais, on a le sentiment que les premières recherches commencent plus vite », se réjouit-il.


Mobiliser « les secours, les médias, les voisins » Plusieurs autres propositions sont avancées : la mise en place d´un site Internet comprenant les visages des enfants disparus avec vieillissement des photographies à intervalles réguliers, le développement de lieux d´accueil et de placement sensibilisés aux problématiques des fugueurs, l´ouverture plus systématique d´une enquête en cas de disparition suspecte, ou encore l´inscription automatique au fichier des personnes recherchées (FPR) dès la disparition constatée. Tout en saluant ces bonnes intentions, les associations soulignent l´ampleur des efforts à accomplir. « Il faut une sorte de plan Orsec », milite Alain Boulay, président le l´Association des parents d´enfants victimes (Apev), qui appelle, en cas de disparition inquiétante, à la mobilisation générale : « les secours, les médias, les voisins ». Il réclame notamment la diffusion de spots TV, en prime time, pour faire connaître les visages des disparus. A ce jour, il n´a pas obtenu de réponse favorable.

 

 

 

 

 

 


21:18 Écrit par GFMALMEDY | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Les commentaires sont fermés.